Il existe
différents types de sommeil : on en distingue trois : le
sommeil léger, le sommeil profond et le sommeil paradoxal.
- le
sommeil dit léger
qui correspond aux stades 1 et 2 qui débutent le sommeil. L'activité
du cerveau se ralentit peu à peu et des figures caractéristiques
témoignent de chaque état les "pointes vertex"
pour le stade 1 et les fuseaux ou les complexes K pour le stade 2.
- le
sommeil profond ou sommeil lent profond ou sommeil à
ondes lentes ou sommeil delta correspond aux stades 3 et 4. Il voit
le ralentissement de l'activité cérébrale s'amplifier.
En effet apparaîssent des vagues de plus en plus amples et de
plus en plus longues d'ondes lentes ou ondes delta à l'EEG. Il
en faut 20 % sur une période donnée pour parler de stade
3 et 50 % pour parler de stade 4.
Plus l'activité
cérébrale est ralentie, plus le dormeur descend dans un
état d'où il est difficile de le réveiller, parce
que son cerveau est de plus en plus insensible aux influences venues
de l'extérieur, comme de son propre corps. A l'endormissement
, c'est à dire en stade 1, le dormeur est réveillé
par le moindre bruit, il ne se perçoit pas alors comme ayant
dormi ou au plus vaguement somnolé. En sommeil profond, il sera
difficile à réveiller et souvent, alors, un peu hébété.
.
Quel est le paradoxe du sommeil
paradoxal ?
C'est un
état dans lequel le dormeur est difficile à réveiller,
son tonus musculaire est aboli, alors que son cerveau est aussi actif
qu'en stade 1. On reconnaît le sommeil paradoxal également
à la présence de salves de mouvements des yeux, appelés
mouvements oculaires rapides.
Les
anglo-saxons appellent d'ailleurs le sommeil paradoxal sommeil à
mouvements oculaires rapides (REM ou Rapid Eye Movement sleep). Le sommeil
léger et le sommeil profond constituent le sommeil lent (ou sommeil
non-REM) par opposition au sommeil paradoxal (ou sommeil REM).
Exemples
de tracé EEG au cours des différents états
de vigilance ou de sommeil selon la classification Rechtschaffen
et Kales
D'après
Michel Billiard. le Sommeil et l'éveil, Editions Masson, 2000.
Eveillé-Vigilant
: l'activité électrique est rapide
(de fréquence élevée) peu voltée (peu
ample) et désynchronisée (forme irrégulière)
Somnolent
- Relaxé : apparition de l'activité alpha, plus
lente (sa fréquence est comprise entre 8 et 12 cycles par
seconde ou Hertz (Hz)), d'allure régulière (de forme
sinusoïdale). Elle disparaît à l'ouverture des
yeux.
Stade
1 : l'amplitude de l'activité alpha diminue puis disparaît
peu à peu pour être remplacée par une activité
plus lente, 3 à 7 cycles par seconde d'amplitude et de
régularité variable : l'activité thêta
Stade
2 : l'activité thêta occupe tout le tracé.
Apparaissent deux grapho-éléments caractéristiques
:
- le complexe K grande onde biphasique (négative/positive)
- le fuseau de fréquence de 9 à 12 c/s d'allure
sinusoïdale.
Au cours du stade 2 qui constitue le type de sommeil le plus abondant
complexes K et fuseaux viennent émailler l'activité
Thêta.
Stade
3 et 4 : les ondes lentes sont de plus en plus nombreuses. Elles
constituent l'activité delta qui est lente (de 1/2 à
2 cycles par seconde) et ample (de grande taille correspondant
à plus de 75 microvolts)
Le
sommeil paradoxal : l'activité éléctrique
du cerveau est rapide et peu volté.
Au début de l'épisode, on peut observer des ondes
en dents de scie.
.
Que se passe-t-il au niveau
du corps ?
En sommeil
lent, on observe un ralentissement progressif des fonctions neurovégétatives
avec l'approfondissement du sommeil et le ralentissement de l'activité
cérébrale. En sommeil paradoxal, le tonus des muscles
disparaît complètement ; on observe cependant de très
brèves contractions, voire de petits mouvements des extrémités.
L'homme présente des érections péniennes et la
femme des érections clitoridiennes et un afflux de sang au niveau
vaginal. Au niveau des fonctions neurovégétatives, tout
se passe comme si la régulation homéostatique, chargée
de maintenir la stabilité des grandes fonctions de l'organisme,
fonctionnait mal. On observe donc une grande instabilité du pouls,
de la pression artérielle et de la respiration.
.
Comment se déroule une
nuit de sommeil ?
L'hypnogramme
représente le déroulement de la nuit de sommeil
Lorsque
le sujet s'endort, il traverse un état de sommeil
léger, intermédiaire entre l'éveil et le
sommeil pendant quelques minutes : le stade 1, puis son sommeil
s'approfondit en stade 2; le sujet est alors réellement
endormi.
Si on le réveille au bout de quelques minutes, il aura
conscience d'avoir dormi.
Puis après quelques dizaines de minutes de stade 2
le sommeil s'approfondit encore : c'est le sommeil lent profond
ou sommeil à ondes lentes. Le dormeur est alors profondément
endormi.
Puis le sommeil profond s'interrompt, le sommeil léger
réapparaît avant de faire place au premier épisode
de sommeil paradoxal qui survient après 1h30 de sommeil
environ. Ce premier épisode ne dure que quelques minutes.
Sommeil
léger puis sommeil profond puis sommeil paradoxal, le dormeur
a accompli son premier cycle de sommeil.
La
nuit du sommeil sera composé de la succession de 3 à
5 cycles successifs.
Au
fur et à mesure que la nuit avance la composition des cycles
va évoluer : le sommeil lent profond est très abondant
en début de nuit et quand la nuit avance, il se fait plus
rare et disparaît complètement du petit matin.
A l'inverse, le sommeil paradoxal qui est bref en début
de nuit va occuper une place croissante dans chaque cycle de sommeil
au fil de la nuit.
Quelques
soit le stade de sommeil, le dormeur se réveillera plusieurs
fois pour une brève durée, sans qu'il s'en souvienne
au réveil. Ses éveils sont normaux.